La Tunisie (تونس) est un pays d’Afrique du Nord appartenant au Maghreb. Elle est bordée au nord et à l’est par la mer Méditerranée. Sa frontière ouest s’ouvre sur l’Algérie (965 km) et sa frontière sud-est sur la Libye (459 km). Son nom est dérivé de celui de sa capitale, Tunis, située dans le nord du pays.
Près de 40 % de la superficie du territoire est occupée par le désert du Sahara, le reste étant constitué de terres très fertiles, berceau de la civilisation carthaginoise qui atteignit son apogée au IIIe siècle av. J.-C., avant de devenir le « grenier à blé » de l’Empire romain.
Drapeau
Armoiries
2- GENERALITES Langue officielle :
Arabe littéral Capitale :
Tunis (
36°84'N, 10°22'E) Plus grande ville :
Tunis Forme de l’État : République Président : Zine el-Abidine Ben Ali Premier ministre :
Mohamed Ghannouchi Superficie : Classé 90e Totale : 163 610 km² Eau (%) :
5% Population : Classé 78e Totale (2006) : 10 126 3001 hab. Densité : 63,80 hab./km² Indépendance : De la France Date :
20 mars 1956 Pays limitrophes : Algérie &
Libye Gentilé :
Tunisien(ne) Monnaie :
Dinar tunisien (TND) Fuseau horaire :
UTC +1 (été +2) Hymne national :
Humat Al-Hima Domaine internet :
.tn
3- HISTOIRE
La Tunisie était peuplée depuis la préhistoire. Des traces de présence humaine ont été découvertes dans les couches profondes du paléolithique.
Ses premiers habitants connus sont les Berbères.
814 Av. JC: Fondation de Carthage par des colons phéniciens, conduits par la Reine Didon, appelée aussi ELYSSA.
La nouvelle cité se développe rapidement devenant un grand foyer de civilisation et une puissance redoutable qui inquiète Rome.
264 - 146 Av. JC: Trois guerres contre Rome - passées à la postérité sous le nom des "guerres puniques"- sont engagées donnant lieu, entre autres, à la fantastique expédition conduite par Hannibal qui a traversé les Alpes avec ses éléphants (218- 202 Av. JC). Ces guerres s'achèvent par la défaite de Carthage.
146 Av. JC- 439: Etablissement de la première colonie romaine "Africa". Le pays connaît une grande prospérité. L'agriculture et l'urbanisation se développent.
439: Conquête de Carthage par les Vandales.
533: Reprise de Carthage par les Byzantins.
647-698: Début de l'ère arabo-musulmane. Fondation de Kairouan par Oqba Ibn Nafaa (en 670) et prise de Carthage par les Arabes (en 698).
800-909 : Expansion de l'Islam et établissement de la Dynastie des Aghlabides (construction de la Mosquée Zitouna de Tunis). Kairouan est alors le centre politique et intellectuel du Maghreb.
909-1159: Dynasties Fatimide et Ziride. Mahdia, fondée en 921, devient la capitale du pays.
1159-1230: Les Almohades unissent les pays du Maghreb et l'Andalousie musulmane.
1236: Les Hafsides, vassaux des Almohades, se déclarent indépendants et fondent une nouvelle dynastie à Tunis qui règnera jusqu'en 1574.
1574: La Tunisie est annexée à l'Empire Ottoman .
1705: Fondation de la Dynastie des Husseinites (déchue le 25 juillet 1957).
1881-1956: Protectorat français, établi le 12 mai 1881. La résistance anti-coloniale dure pendant pratiquement la totalité des 75 ans de domination française. Menée d'abord par le parti Destourien (1920), la lutte connaît un nouvel élan avec le néo-Destour à partir de 1934.
20/03/1956 :La Tunisie obtient son indépendance.
25/07/1957:Proclamation de la République tunisienne. Habib Bourguiba devient président de la Tunisie indépendante.
01/06/1959 (1er juin): adoption de la première constitution de la Répu blique Tunisienne.
05/10/1963 :les troupes françaises évacuent Bizerte, leur dernière base dans le pays.
07/11/1987: conformément à la Constitution, le Premier ministre, Monsieur Zine El Abidine Ben Ali, succède au Président Bourguiba, jugé par ses médecins dans l'incapacité de continuer à assumer ses fonctions. Le Président Zine El Abidine Ben Ali est investi par le Parlement en tant que Président de la République.
02/04/1989 (2 avril): Elections législatives et présidentielle. Election du Président Ben Ali au suffrage universel.
20/03/1994: Elections législatives et présidentielle. Ré-élection du Président Ben Ali et accès de l'opposition au Parlement, pour la première fois dans l'histoire de la Tunisie indépendante.
24/10/1999: Réélection du Président Ben Ali suite à la première élection présidentielle pluraliste de l'histoire de la Tunisie.
L'opposition gagne 20% des 182 sièges à la Chambre des Députés grâce à la réforme du Code Electoral.
Le nombre de femmes au Parlement passe de 11 à 21.
4- ECONOMIE
A- Agriculture
Depuis l’indépendance de la Tunisie, l’agriculture a enregistré des taux de croissance importants et a permis au pays d’atteindre un niveau de sécurité alimentaire suffisant. En dépit du développement des autres secteurs de l’économie nationale, l’agriculture conserve une importance sociale et économique : elle assure environ 12,3 % du PIB et emploie 16,3 % de la main-d’œuvre en 2006.
B- Industrie
En matière industrielle, la Tunisie est le premier exportateur d’Afrique en valeur absolue : elle est ainsi passée devant l’Afrique du Sud en 1999. Les secteurs du textile et de l’agroalimentaire représentent 50 % de la production et 60 % de l’emploi de l’industrie manufacturière. Mais, après avoir cru à un rythme annuel de 2,1 % (entre 2000 et 2005), l’industrie tunisienne fait aujourd'hui face à la concurrence étrangère. Toutefois, les exportations de produits mécaniques et électriques se sont multipliées par cinq entre 1995 et 2005. Quatrième fournisseur de l’Union européenne en produits textiles, elle était jusqu’en 2002 le premier fournisseur de la France avant d’être surclassée par la Chine en 2003. Les ressources énergétiques de la Tunisie restent quant à elles modestes, ce qui contraint le pays à importer du pétrole.
C- Services
1. Tourisme
Dans le secteur des services, le développement du tourisme remonte aux années 1960 grâce à l’action conjuguée de l’État et de groupes privés. Le secteur touristique représente 6,5 % du PIB et fournit 340 000 emplois dont 85 000 emplois directs, soit 11,5 % de la population active occupée avec une forte part d’emploi saisonnier. Outre le tourisme balnéaire majoritaire, le tourisme saharien (attirant chaque année plus de 250 000 touristes durant toute l’année) est en fort développement. Plus récemment, le tourisme vert, la thalassothérapie et le tourisme médical sont apparus et croissent très rapidement.
2. Commerce
Le commerce et la distribution, qui emploie plus de 500 000 personnes et participe à 10,7 % du PIB national, se divise en deux catégories15. Ainsi, le secteur se caractérise encore par la prédominance du commerce traditionnel avec 88 % (2006) du chiffre d’affaires, l'essentiel des transactions commerciales étant réalisé par de petits commerçants. La distribution moderne, qui compte pour 12 % du chiffre d’affaires global et regroupe des enseignes nationales et internationales, n’est apparue que lorsque le marché s’est libéralisé en 1999.
3. Transport
La Tunisie compte aujourd’hui sept ports de commerce (Radès, Sfax, Bizerte, Gabès, Sousse, Zarzis et La Goulette) tandis qu’un port en eaux profondes va être réalisé à Enfida. Placés sous la gestion de l’Office de la marine marchande et des ports, ils assurent à eux seuls 96 % du commerce extérieur tunisien. Avec ses 550 000 passagers et ses 415 000 croisiéristes enregistrés en 2004, le port de La Goulette est l’une des destinations les plus appréciées dans l’ouest du bassin méditerranéen. La Compagnie tunisienne de navigation, société publique, est le principal armateur du pays et assure des lignes régulières reliant les deux rives de la mer Méditerranée (vers Marseille, Gênes, Livourne et Barcelone). Le pays compte par ailleurs trente aéroports dont sept aéroports internationaux. Le principal aéroport du pays est celui de Tunis-Carthage, situé à cinq kilomètres de la capitale. En 2005, 39,2 % du trafic s’effectue par l’aéroport international de Tunis-Carthage. Plus des deux-tiers du trafic commercial aérien sont destinés à l’Europe.
Le transport ferroviaire assure plus du tiers des déplacements nationaux à travers un réseau national de 2 153 kilomètres de voies ferrées. Le réseau est exploité par la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) ainsi que par la Société du métro léger de Tunis spécialisée dans le transport urbain dans la région de Tunis.
Le réseau routier s’étend sur 19 300 kilomètres dont 12 655 kilomètres de routes goudronnées ainsi que de trois autoroutes reliant Tunis à M’saken au sud (prolongée jusqu'à Sfax fin 2007), Bizerte au nord ou Oued Zarga à l’ouest. Le secteur du transport routier domine les transports terrestres de voyageurs et de marchandises.
5- POLITIQUE EXTERIEURE
Intégrée aux principales instances de la communauté internationale, la Tunisie fait également partie de la Ligue arabe, de l’Union africaine et de la Communauté des États sahélo-sahariens.
La Tunisie revendique également sa dimension méditerranéenne. Elle participe ainsi au Forum méditerranéen, dont elle organise l’édition 2005, et devient le premier pays du bassin méditerranéen à signer, le 17 juillet 1995, un accord d’association avec l’Union européenne dans le but de renforcer son ancrage à l’Europe. Avec son plus proche voisin européen, Malte, la Tunisie discute actuellement de l’exploitation pétrolière du plateau continental qui se trouve entre les deux pays.
L’action politique de la Tunisie dépasse pourtant les frontières régionales. Lors d’un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies en 1999, le président Ben Ali appelle à la création d’un Fonds mondial de solidarité (en s’inspirant du Fonds de solidarité nationale) visant à contribuer à la lutte contre la pauvreté dans les zones les plus déshéritées dans le monde. L’Assemblée générale adopte à l’unanimité, le 20 décembre 2002, une résolution portant création de ce fonds et instaurant les modalités pratiques requises pour sa mise en place.
6- CULTURE
La culture de la Tunisie est riche de ses 3 000 ans d’histoire et reflète ses cultures punique, arabe, turque, africaine, européenne et musulmane ainsi que l’influence des dynasties successives qui règnent sur le pays. Les sites historiques (amphithéâtre d’El Jem et ruines de Carthage), les musées (dont le Musée national du Bardo), l’architecture des villes (Sidi Bou Saïd et son influence arabo-andalouse), la cuisine (baguette, fromage et croissant français ainsi que pâtes italiennes) et la musique témoignent de ce passé où les cultures du bassin méditerranéen se sont croisées
A- Langues
La Tunisie est l’État du Maghreb le plus homogène sur le plan linguistique. Les langues parlées en Tunisie sont le tunisien (langue maternelle sémitique dérivée de l’arabe littéral et sans statut officiel), l’arabe littéral (langue officielle enseignée dès la maternelle) et le français (deuxième langue enseignée dès la maternelle aussi et qui est souvent mélangé au dialecte tunisien) .
L’enseignement de base est gratuit et obligatoire pour tous les enfants jusqu’à l’âge de 16 ans. Le taux d’analphabétisme y est de 22,9 % en 2004 et le taux de scolarisation des enfants de six ans, égal pour les garçons et les filles, est de 99 %.
L’anglais,l’espagnol, l’italien, l’allemand, le russe ou le chinois sont enseignées à partir de la deuxième année du cycle secondaire.
B- Religion
L’islam est la religion principale de la Tunisie avec un taux qui avoisine les 98 % de la population. Le judaïsme et le christianisme y sont très minoritaires mais la Tunisie se caractérise par sa tolérance et son ouverture aux autres cultures qui ont fait l’identité du pays.
La constitution tunisienne prévoit l’exercice libre des religions tant qu’elles ne portent pas atteinte à l’ordre public. Le gouvernement respecte généralement ce droit. Cependant, il ne permet pas l’établissement de partis politiques basés sur la religion, interdit le prosélytisme et limite le port du hijab (notamment dans les administrations et écoles publiques). Les fêtes religieuses musulmanes sont considérées comme des jours fériés (Aïd el-Kebir, Aïd el-Fitr, Mouled, etc.). Le gouvernement reconnaît également la sainteté des fêtes religieuses des non-musulmans, particulièrement celles des religions monothéistes.
E- Festivals
Des centaines de festivals internationaux, nationaux, régionaux ou locaux ponctuent l’agenda annuel. Les festivals de musique et de théâtre dominent largement la scène culturelle nationale. Certains sont à vocation générale comme le Festival de Carthage alors que d’autres sont plus spécialisés comme le Festival international des arts plastiques de Mahrès ou le Tabarka Jazz Festival
F- Artisanat
• Poteries : le modelage, la cuisson et le décor des poteries sont demeurés primitifs. Les lignes, les points, les traits ciliés, les dents de scie, les croix, les losanges sont autant de motifs qui rappellent les tatouages et tissus ruraux. Ce sont les potiers de Guellala qui sont à l’origine de la création d’autres centres potiers sur le littoral tunisien : Tunis, Nabeul, Moknine, etc. Mais si la poterie poreuse s’identifie à Guellala, celle émaillée (jaune, vert ou brune) est la marque de fabrique de Nabeul.
• Ferronnerie : c’est aux Andalous que l’on attribue la décoration des portes cloutées devenue caractéristique du fer forgé tunisien. Bleues par tradition, destinées à embellir les maisons et à préserver l’intimité des habitants, ces grilles rappellent les moucharabiehs de la tradition arabo-andalouse (panneaux de bois sculpté qui permettaient aux femmes de regarder dans la rue sans être vues).
• Costumes : chaque région ou village possède son propre costume au début du XXe siècle. Aujourd’hui, le costume traditionnel est la tenue par excellence pour les mariages et les cérémonies. C’est la jebba qui s’est imposée comme habit traditionnel national. Cet habit ample, couvrant tout le corps, se différencie selon la qualité de son étoffe, de ses couleurs et de ses passementeries
• Babouche : les babouches d’hommes sont généralement de la couleur naturelle du cuir. Celles des femmes sont dans leur majorité brodées de fils de soie, de coton, d’or et d’argent avec des motifs floraux ou des croissants.
• Tapis : la ville de Kairouan constitue le centre national de production de tapis où est notamment utilisé la technique de tissage du kilim.
• Mosaïque : la Tunisie possède la plus riche collection de mosaïques antiques du monde. C’est à l’époque romaine et surtout à partir du IIe siècle que cet art se développe au point qu’on puisse parler d’une véritable école africaine marquée par la maîtrise de la représentation figurée.